...Peut-être ma carcasse. Je suis encore jolie, encore dodue. Je suis peut-être consommable malgré les angoisses pétrissant ma chair. Certains prédateurs ont le goût de la peur. Il faut que je me taise... Je suis une loque. Je n'arrête pas de geindre. Coupe ta langue, chérie. La voir sur le sol molle et exsangue, une flaque de sang auprès d'elle. C'est si plaisant. Laissez-moi hurler, délirer, mordre mes lèvres. Je suis maso, parfaitement masochiste... Je ne mérite pas de rester intact. La douceur m'est insipide. Mord-moi! Dis-moi que je ne suis rien! Je hais ceux qui me mentent en me disant toutes ses niaiseries, c'est faux. Je déteste les hypocrites. Comment peut-on me désirer? Mon corps, je n'ai que ça. Mon esprit, lui, est désespérément vide. Je ne mérite que tes ongles lacérant ma peau. Fais-le!
Pourquoi désirer ma propre douleur? Laissez-moi posséder des rêves plus tendres.
